Eric Dalizon Eric Dalizon

Retour sur une image…

À l’origine une photo du journaliste reporter Eddie Adams (Edward Adams 1933 - 2004) prise le 1er février 1968 à Saigon (Hô-Chi-Minh en 1975)
Cette photo de l’exécution d’un combattant communiste…

… est emblématique de la Guerre du Vietnam.
Il y en a d’autres. Mais celle-ci précisément.
Eddie Adams reçu le Prix Pulitzer en 1969.
Cette image à été pour moi, pendant de longues années, comme une image “secrète et interdite”.
Refoulée. Il m’a fallu du temps pour accepter de la revoir.
Avec de nombreuses images (j’ai le même rapport avec la musique), les lieux, les circonstances et les moments (approximatifs) de la première vision/écoute reviennent en mémoire.
Ce qui ne facilite pas mon rapport fétichiste/mélancolique aux images/musiques…

Flash-back:
Paris 13ème. Boulevard Blanqui. Proche métro Glacière.
Chez ma grand-mère paternelle. Ma grand-mère. Mon oncle. Mes parents.
Petit appartement 2 pièces.
Samedi ? Dimanche ? Fin d’après-midi. Le soir?
8 ans? Plutôt 9. Donc 1969? Ou 10? 1970?…
Par la suite j’ai toujours associé cette image au pionnier et mythique magazine d’actualités “Cinq colonnes à la Une”. Clap de fin en 1968. 3 mai.
Et diffusé un soir de la semaine. Les dates/émissions ne collent donc pas.
Ou bien c’est confus dans mes souvenirs.
On reste dans cette période de toute façon. Surtout le contexte et les conditions de réception.
Les adultes discutent à l’écart. Autour de la table. Donc un déjeuner qui s’est prolongé, un gouter? Un diner qui s’annonce? Peu importe.
Devant la télévision (belle invention) dans l’attente de “dessins animés” ou fiction. Distraction.
1ère ou 2ème chaine de l’ORTF? Noir et Blanc. Malgré la Couleur existante.
Je regarde les images diffusées et je sais qu’elles ne sont pas fictionnelles (feuilletons, films). Autres formes d’images. Pas attentif à ce que je vois. Toujours dans l’attente d’une promesse.
Et soudain Badaboum !!
Eddie Adams déboule sans crier gare (guerre) ! Je me prends sa photo en pleine figure. Je n’ai aucun souvenir de paroles/commentaires. Silence. Je ne comprenais pas de toute façon. Reste le sentiment assez fort et effrayant d’être le Seul à voir vu cette image brutale. Définitive.
Témoin de quoi?
Muet.
Dans la pièce je suis seul.
Les adultes continuent leurs palabres. Pour ma part à cet instant précis et depuis quelques secondes j’appartiens à la Télévision. À son Réel.
Dans la pièce je suis seul.
Je me vois regarder, assis sur le canapé/fauteuil, à coté de la table et des “grands”. Je ne comprends pas (ou alors trop bien ?) ce que je vois. C’est une image fixe mais je vois la suivante et la suivante et la suivante et la suivante et la suivante et la suivante…
J’imaginais les conséquences (La main + le révolver)
Muet.
Aucun adulte n’a vu l’image? Avaient-ils des choses plus importantes à faire/dire que de poser un regard sur la Télévision? A priori cela me semblait impensable.
Le volume sonore était peut-être au minimum, ce qui expliquerait le peu d’attention des adultes.
La Peur.
Mais laquelle? Celle de l’image ou celle de l’avoir vu seul et d’être incapable d’articuler/formuler distinctement une réaction?
Les deux. Sans aucun doute.

J’ai des souvenirs d’autres peurs, mais fictionnelles celles-là, donc résolues par les images elles mêmes.
La Puissance du Récit.
La Puissance du titre inscrit au début et celle du mot Fin au générique (*)
Notamment une histoire de fantômes (déjà) : Belphégor
Mais dans cette expérience, c’est l’effet combiné du Réel + Surprise + Solitude qui m’a effrayé.
Cette Peur ressentie (et la crainte de la vivre de nouveau) a procédé au refoulement de cette Image.
Elle concentre trop de “ mauvais facteurs”.
Pas simple de regarder ses peurs. (Nous en sommes toutes et tous au même point)
Je ne voulais pas la revoir. Elle n’a jamais disparu.
Voilà pourquoi elle a été la première des images “fantômes” produites sur ce site.
Inaugurale.

Maintenant, celle-ci est chargée de ces souvenirs et de nouveaux regards.
D’autres peurs.

Stayin’ Alive

(*) Adulte j’ai souvent voulu repousser le plus tard possible l’apparition du mot Fin…Cela se poursuit encore devant certains films. Même après plusieurs visions…





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a very british style

28 février 1974.
Première fois que j’ai vu Twiggy.
Couverture de Pin Ups de David Bowie…

(suite)
Album de reprises Garage et Mods.
Visages de Twiggy / Bowie au recto, tous les deux maquillés.
Androgyne.
Cette silhouette “brindille” Twiggy la portera très longtemps. Icône de la Pop Culture qui changera la Mode à jamais.
Rien que ça.
Banlieue de Londres, famille ouvrière.
C’est en 66, après l’extinction provisoire du courant Mod (62/64) que Twiggy incarne une figure majeure du Swinging London, qu’elle poursuivra jusqu’à aujourd’hui où elle reste un des mannequins les plus célèbres.

Si le Rock a révolutionné la société (véritable et pionnière culture portée exclusivement par et pour la Jeunesse), ses évolutions musicales ont irrigué rapidement tous les champs de la Subculture, imposant en Angleterre les tendances vestimentaires et/ou musicales venues des États-Unis et d’Italie, pour en faire quelque chose de So British et Cool et de l’exporter de nouveau aux quatre coins du Monde (Ce n’est pas un hasard si le Capitalisme est né en Angleterre).
L’âge d’or du Swinging London. L’époque où tout semblait possible…

C’était sans compter sur les guerres d’Indochine, du Vietnam, les assassinats politiques, Le Nucléaire, renvoyant l’insouciance de cette période fin Sixties dans le mur de la plus sombre des réalités.
Bien sûr Cuba, les mouvements des Droits Civiques, les luttes de la Classe Ouvrière, les mouvements Pacifistes, 1968, les mouvements Féministes…
Le Velvet Underground
La musique psychédélique
Et surtout le PUNK !! (Ne jamais faire confiance à un Hippie…)
Enfin.
Qui allait prendre la relève, révolutionner le Monde, politiser/démocratiser de nouveau le Rock, La Mode, La Presse, Les Arts…
DO IT YOURSELF !!
Depuis, tout va vite !!

NO FUTUR, A WAY OF LIFE (1975 - 1976)

De Twiggy, nous avons des milliers de photos publiées, des films, quelques disques.
Du Swinging London des centaines de documents.
Sur la musique de nombreux enregistrements. Souvent introuvables, exceptés ceux des groupes/chanteurs/chanteuses qui ont marché.

Les labels ACE RECORDS et BIG BEAT font un travail remarquable de rééditions/compilations des productions rares POP/GARAGE des Late Sixties qui nous viennent d’Angleterre, de France, d’Italie, du Japon, d’Espagne, de Suède, du Brésil…
Avec des notes de pochettes ultra documentées.
Une mine d’or.
On en revient aux pochettes de disques.
33RPM

KEEP THE FAITH !!

À propos du Swinging London, SMASHING TIME film de Desmond Davies (1967) est une satire du Swinging London en temps réel.
Smashing Time ou comment deux “banlieusardes” à l'assaut de Londres (Carnaby Street et Camden) vont littéralement tout détruire.
De quiproquos en quiproquos, de batailles de peinture (Pop), de tartes à la crème (Burlesque), de night club en bain de mousse gigantesque et improvisé, de boutique Too Much !!! en défilé de sosies (Twiggy, Small Faces, etc.), de cocktails à la Violette en drinks au Campari, d'explosion vengeresse de party et de destruction de Londres, Smashing Time, tout en rendant avec ironie et affection la superficialité et l'importance de cette courte période, joyeuse et libre, rappelle délicatement la difficulté du Prolétariat à trouver sa place.
Si le film n'a pas la folie dévastatrice de The Party, il n’en reste pas moins attachant par son absence de cynisme et son ambiance résolument Pop.

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nouvelles versions

A partir du 12 avril, dans le DIY, sont présentées les nouvelles versions de Vietnam 68, David Robert Jones et Angela Y. Davis.

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perspectives

Avant de s’afficher sur les murs à partir du 1er mai 2026…
Format 80×65 impression sur papier Dos Bleu

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But first the grass, the sun…and the people.

4 juin 1972, le verdict tombe: “Non Coupable” aux trois chefs d’accusation qui valaient à Angela Y. Davis d’être condamnée à la Peine Capitale…

(suite)
Euphorie et cris de joie dans la salle d’audience bondée (où Angela Davis était entrée le poing levé en direction de ses ami.es et soutiens).
Elle se retrouve en fin d’après midi chez des amis, se trouvent là ses parents, camarades, avocats, comités de soutiens, jurés.es. Tout le monde s’installe dans le jardin.
(…) We all sat in the sun on the grass in the backyard. I sank deep into the moment, husbanding his delight, hoarding it. For I knew it should be short-lived. Work. Struggle. Confrontation lay before us like a rock-strew road. We would walk it…
But first the grass, the sun…and the people.
An Autobiography (1974)

Depuis cette “pause”, Angela Y. Davis ne s’est pas arrêtée. Militante du Parti Communiste, proche du Black Panther Party (*), pacifiste, militante féministe, anti-raciste, anti-colonialiste, soutien aux luttes LGBTQIA, enseignante, autrice et engagée de longue date dans le mouvement Abolitioniste (pour la désincarcération et l’abolition des prisons).
Elle refuse le statut d’icône.
Elle est une légende ? Peut-être.
Elle est avant tout une VOIX.
Vivante !!
J’ai beaucoup appris (et ça continue) à lire et écouter Angela Davis !!

(
*) La situation est telle aux USA, notamment depuis les meurtres commis pas ICE, que le Black Panther Party à repris ses activités d’auto-défense.

Playlist:
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Strange Fruits (Billie Holiday)
-
Alabama (John Coltrane)
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Ain’t Got No (Nina Simone)
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The Revolution Will Not Be Televised (Gil Scott Heron)
-
People in me (Abbey Lincoln)




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ARRACHAGE PUBLIc N°2

Depuis le 25/02/2026 angle des rues…

Depuis le 25 février 2026 à l’angle des rues de Buzenval et des Grands Champs (75020) des Instantanés d’Imaginaires Collectifs sont visibles.
5 tirages 30 x40 cm N°: 31, 33, 89, 96 et 141.

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Arrachage public n°1

À partir du 29/01/2026, en se promenant près du métro Buzenval (ligne 9)

À partir du 29/01/2026, en se promenant près du métro Buzenval (ligne 9) et à l’angle de la rue d’Avron et de la rue de Buzenval (Paris 75020) un arrachage public est possible.
5 tirages 30 x 40 cm sont à disposition.
Instantanés d’Imaginaires Collectifs n°: 09, 11, 23, 239 et 158
Jusqu’à disparition en attendant le numéro 2

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THIS IS NOT A BOOK…

Modern Ghosts c’est aussi un livre…

TOUT NOUVEAU : Un livre présentant 24 reproductions existe.
Sont réunis à l’intérieur Les Instantanés d’Imaginaires Collectifs : 108, 89, 58, 104, 188, 113, 79, 19, 09, 99, 112, 64, 47, 78, 87, 141, 253, 158, 21, 46, 113, 22, 03, 23.

Format 21 x 16,5 cm dos carré collé papier mat.

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À L’ARRACHE !

Prochainement séries d’expositions urbaines…

“À L’ARRACHE !” expositions urbaines de 15 affiches en séries de 5 tirages d’œuvres représentatives issues des collections “ABSTRACTIONS” et “FICTIONS”.
Les expositions prendront place anonymement dans différents lieux publics.
Les lieux et dates seront annoncées par newsletter.

LES AFFICHES SONT DESTINÉES À ÊTRE ARRACHÉES À LEUR TOUR…

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